Softboard : pourquoi tous les surfeurs (même confirmés) devraient en avoir une

On a tous connu cette session de juillet : 50 cm mou, un clapot de vent, et toi qui galères sur ton shortboard performant pendant qu’un enfant te taxe sur une planche en mousse.

On colle vite à la softboard l’étiquette de planche en mousse pour débutant, rangée dans le placard à côté du lycra de location et de la vieille wax. C’est une erreur. Pas mal de surfeurs qui rident depuis quinze ou vingt ans en gardent une dans le garage, et elle sort plus souvent qu’ils ne l’avoueraient. Pas par nostalgie. Parce que sur une grosse partie des sessions de l’année, c’est tout simplement la planche qui prend le plus de vagues.

La planche en mousse qui marche quand les conditions sont pourries

La plupart des sessions ne ressemblent pas aux photos. Petit, mou, sans forme, un clapot de vent qui se lève vers 10h et qui hache la surface. Sur un shortboard, ces jours-là tu rames beaucoup pour trois vagues molles. Sur une mousse, tu enchaînes.

Le volume fait le boulot. La planche glisse plus tôt, attrape des vagues qui n’ont presque rien à donner, là où une planche fine décroche. À marée haute, quand ça gonfle et que ça manque de punch, c’est encore plus net : tu pars sur des paquets d’eau que les autres laissent filer. À marée basse sur du beach break creux, elle pardonne moins. Mais tu te jettes quand même : pas de carres tranchantes, pas de nose qui pique, donc tu tentes des take-off en retard que tu n’oserais pas sur ta planche habituelle.

« Mon amie surfe avec la planche en mousse Mick Fanning et que ça soit dans des vagues d’été de 50cm au Santocha ou dans 1m20 un peu creux à Anglet, elle arrive à prendre toutes les vagues qui passent ».

Le retour aux sensations, sans le sérieux

À force, le surf devient un sport de performance. On compte ses vagues, on rentre frustré quand la session ne colle pas au plan. La mousse coupe court à ça. Pas de virage à réussir, pas de regard à soutenir au pic. Les meilleures sessions de mousse, ce sont les petits jours d’été avec deux ou trois potes et des vagues à hauteur de genou. Ça paraît bête. C’est pourtant ce qui manque quand on se prend trop au sérieux.

Polyvalente en voyage, increvable

Pour voyager, que ça soit pour un surftrip au Maroc ou en Indonésie, c’est imbattable. Une mousse encaisse les soutes d’avion, les toits de pickup et les locations approximatives sans que tu surveilles le moindre ding. Tu peux la prêter à un pote qui débute sans serrer les dents à chaque chute. Sur fond de cailloux ou en eau peu profonde, se prendre la planche dans le tibia fait beaucoup moins mal qu’un rail en fibre.

Un détail que les vendeurs oublient de mentionner : ne la laisse pas cuire dans une voiture fermée en plein soleil. Le pont en mousse gonfle, la colle travaille, et certains modèles finissent par délaminer. Une housse claire et un coffre entrouvert suffisent à éviter le problème.

Un complément technique, même pour les surfeurs confirmés

C’est l’argument que les surfeurs à l’aise sous-estiment. Repasser sur une mousse de temps en temps oblige à surfer propre. Le volume pardonne le timing mais pas le placement des pieds : si tu poses ton appui arrière trop loin du tail, la planche freine et part de travers, et tu le sens dans la seconde. Pas mal de coachs s’en servent justement pour ça, retravailler la position et la lecture de la vague sans la pression du résultat. La Fédération française de Surf, via son réseau d’écoles labellisées, bâtit une bonne partie de la progression sur les planches en mousse, du premier cours jusqu’à des niveaux déjà avancés.

Les pros aussi, et pas pour rigoler

Si la mousse n’était qu’un truc de débutant, on ne verrait pas des surfeurs de très haut niveau s’amuser dessus. Jamie O’Brien en a fait sa marque de fabrique, jusqu’à des vagues filmées à Pipeline. Mick Fanning, triple champion du monde, a sorti sa propre gamme pensée pour fonctionner dans de vraies conditions et pas seulement dans la mousse de bord. Pour voir à quoi ressemble une planche en mousse dessinée par quelqu’un qui sait surfer, regarde les softboards Mick Fanning. Les modèles récents tournent, tiennent la dérive, et passent des manœuvres que la grosse mousse de club des années 2000 n’aurait jamais permises.

Les erreurs qui reviennent souvent

La première, c’est de prendre trop gros. Une mousse de 8 pieds quand on fait déjà du shortboard, c’est impossible au canard et pénible à tourner ; un format autour de 7 pieds suffit largement. La deuxième, c’est la wax. Beaucoup de softboards accrochent déjà bien, et en remettre une couche par-dessus rend le pont collant et sale. Teste pieds nus avant d’en coller. Troisième chose, ne compte pas sur le canard : sur la plupart des mousses il ne passe pas, tu finis en tortue. Bon à savoir avant de te retrouver coincé dans la zone d’impact.

Quelle softboard choisir quand on sait déjà surfer ?

Pour quelqu’un déjà à l’aise, vise un format hybride autour de 6’6 à 7′, un shape pas trop large, des dérives correctes plutôt que les ailerons souples d’entrée de gamme. Tu gardes le côté tolérant de la mousse sans hériter d’une planche qui refuse de tourner. Ta vraie planche reste pour les beaux jours. Mais les matins petits et désordonnés, et il y en a beaucoup dans une année, tu seras content de l’avoir dans le coffre.

Comme repère de départ, voici les tailles de softboard généralement conseillées selon le niveau :

NiveauTaille conseillée
Débutant adulte7’0 à 8’0
Intermédiaire6’6 à 7’0
Confirmé6’0 à 6’10 (selon le poids)
Enfant6’0 à 7’0

Repères indicatifs : à ajuster selon ton poids, ton niveau réel et le type de vagues.

FAQ softboard

Une softboard est-elle adaptée aux surfeurs confirmés ?

Oui. Le volume aide à prendre plus de vagues les jours sans forme, la mousse encaisse les voyages, et repasser dessus oblige à soigner le placement des pieds. Beaucoup de surfeurs confirmés en gardent une pour les petites conditions et les sessions sans enjeu.

Quelle taille de softboard choisir ?

Pour une softboard débutant chez un adulte, vise 7 à 8 pieds : la stabilité au take-off prime. Pour quelqu’un qui maîtrise déjà le shortboard, un format hybride autour de 6’6 à 7′ suffit, assez de volume pour ramer et assez court pour tourner. Le poids et le niveau pèsent plus dans le choix que la taille seule.

Peut-on faire le canard avec une softboard ?

Rarement. Le volume de la mousse la rend trop flottante pour passer sous la vague. Sur la plupart des modèles, on fait une tortue, planche retournée et bien accrochée, plutôt qu’un canard. Les softboards les plus fines passent parfois un canard, mais ça reste l’exception.

Pourquoi les pros surfent-ils en mousse ?

Pour le fun et pour varier. Jamie O’Brien et Mick Fanning rident en mousse dans des conditions sérieuses, parfois à Pipeline. La mousse leur permet de s’amuser dans des vagues moyennes et de tenter des trucs sans craindre de casser une planche fragile.

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